samedi, décembre 15, 2007

La jeunesse, victime du VIH/Sida, cible aussi des stratégies de prévention

Le Sida identifié pour la première fois en 1981 a tué plus de 2.9millions de personnes dans le monde. Le Programme commun des Nations unies sur le VIH/Sida (Onusida) évalue désormais à 39.5 millions le nombre de personnes vivant avec le virus du Sida dans le monde.
Chaque jour, 11000 personnes sont contaminées par le virus soit 4.3 millions de personnes chaque année (2.8 millions se trouvent en Afrique sub-saharienne). Les jeunes (15-24 ans) représentent 40% de nouvelles infections.
Ces nouvelles infections représentent surtout les toxicomanes, les homosexuels masculins, les prostitué(e)s et leurs clients, ce qui rappelle qu’ « il est nécessaire de cibler les stratégies de prévention, de traitement et de prise en charge sur les groupes de la population les plus exposés » souligne le rapport annuel de l’Onusida de l’année 2006.
L'Afrique noire reste de loin la région la plus touchée par le virus, avec 63% des personnes infectées dans le monde et 72% des décès. Au total, 5,9% des adultes (15-49 ans) vivent avec le virus en Afrique.
Des tendances positives en matière de comportements sexuels des jeunes ont été observées au cours de la dernière décennie dans de nombreux pays où les épidémies sont généralisées. « Entre 2000 et 2005, le déclin de la prévalence du VIH parmi les jeunes est évident au Botswana, au Burundi, en Côte d'Ivoire, au Kenya, au Malawi, en République Unie de Tanzanie, au Rwanda et au Zimbabwe » continue le même rapport.

Qu’en est –il de la jeunesse au Burundi ?

Les jeunes femmes continuent d'être plus exposées que les hommes au risque de contracter l'infection à VIH à cause des violences sexuelles qu’elles subissent. La guerre a occasionné une pauvreté sans nom dans les ménages et par conséquent, beaucoup de jeunes filles ne sont plus scolarisées. Elles se retrouvent rapidement dans un état matrimonial précoce qui se fait dans la plupart des cas dans des conditions de viol, de dol ou de spéculation à une situation illusoire d’un bien-être. Cette situation est alors aggravée par un exode rural intensif de jeunes gens qui, après avoir contracté le virus dans la ville retournent contaminer les femmes au village. Les cas de viol sont devenus monnaie courante dans les campagnes, signe de l’échec de réintégration sociale d’un pays en période de post-conflit. Et pourtant, ce sont ces jeunes femmes qui devront s'occuper des personnes infectées par le VIH dans leurs familles.
Au Burundi comme partout en Afrique noire, l'espérance de vie à la naissance n'est actuellement que de 47 ans, soit 30 ans de moins que dans la plupart des pays à revenu élevé.
Si la contamination dans les jeunes est aussi intense, les planifications du développement devraient se pencher sérieusement sur la lutte contre le Sida en privilégiant la prévention. En effet, le niveau des connaissances sur la sexualité sans risque et le VIH reste faible dans notre pays, tout comme la perception du risque personnel. Même aujourd’hui où l'impact de l'épidémie est très élevé dans les familles, une forte proportion de la population ne pense pas être exposée au risque d'infection. C’est vrai, la prévention du VIH marche, mais elle doit être focalisée et maintenue dans la durée.
Des initiatives louables sont observables dans plusieurs associations sans but lucratif comme l’ANSS, APECCOS, SWAA Burundi, CASOBU/ASOGI-LS…qui ont des programmes de prise en charge des orphelins du Sida. Appauvris, mal nourris, non scolarisés,… ces orphelins peinent à reprendre une vie normale. Choqués psychologiquement par la violence de la mort des leurs, la plupart de ces enfants se retrouvent brutalement chefs de ménage et sont confrontés à de nombreux défis qui les dépassent et aux multiples dangers dont le banditisme pour les jeunes gens et la prostitution pour les jeunes filles. C’est pour améliorer leur situation que ces asbl ont mis en œuvre un programme spécifique soutenu par le programme « Paris sida sud » concernant 300 orphelins du sida. Ces enfants bénéficient d’un toit, d’une aide nutritionnelle, de soins de qualité, d’un accès à un traitement antirétroviral. L’intégralité des frais scolaires étant totalement pris en charge, ces enfants ont repris le chemin de l’école.
Il est impératif qu’on continue à accroître les investissements à la fois dans les services de prévention du VIH et les services de traitement pour diminuer le nombre de décès et de maladies inutiles que provoque le SIDA.
Le point sur l'épidémie de SIDA évoque à quel point la faiblesse de la surveillance du VIH, signifie souvent que les personnes les plus exposées au risque ne sont pas atteintes de manière adéquate par les stratégies de prévention et de traitement du VIH car leur situation et leurs réalités particulières sont souvent mal perçues.
Les programmes élargis de prévention du VIH qui sont centrés sur les personnes les plus exposées dont les jeunes au risque d'infection, et qui leur sont adaptés, doivent être privilégiés car « vaut mieux prévenir que guérir »dit-on.
Fiacre MUHIMPUNDU in le Visionaire